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Accueil > REVUES > Amc mensuels > AMC 268 PIANO - PORTZAMPARC - RAMDAM - NOUVET


 
AMC 268 L'URBANISME TRANSITOIRE, OUTIL DURABLE

 

Amc mensuels


AMC 268 PIANO - PORTZAMPARC - RAMDAM - NOUVET

 
19.50 €
Quantité  


Code EAN 13 : 2000400020552
date de parution : 
Avril 2018
éditeur : 
AMC
langues : 
Français
format : 
23 x 30 cm
nbre de pages : 
122



Au sommaire du numéro d'AMC qui vient de paraître (n°268-avril 2018): un entretien avec Renzo Piano, un dossier sur l'urbanisme transitoire, des détails sur les verrières planes et une matériauthèque consacrée aux plastiques durs. Mais aussi les réalisations du mois: la U Arena à Nanterre par Christian de Portzamparc, un pavillon d'accueil à Corzé par Ramdam, des logements sociaux à Paris (XVIIIe) par Armand Nouvet, un centre sportif à Santa Eulalia del Rio par MCEA, ainsi que la fondation Lafayette Anticipations à Paris (IVe) par OMA. En référence, le musée de la Préhistoire (1976-1980) à Nemours par Roland Simounet.

 Edito

Décantation

RPBW est une fantastique machine à produire, aux quatre coins du monde, des bâtiments affûtés, profilés, peaufinés dans les moindres détails, avec une élégance, une grâce, et une régularité qui ne laisse pas d’étonner. Comme en témoigne le palais de justice de Paris, mis en service ce 16 avril, date à laquelle se dérouleront les premières audiences. Plus de 2000 personnes, avocats, magistrats et employés, vont désormais occuper ce paquebot de 100000 m2 amarré au périphérique. Quel est le secret d’une telle efficacité? La clé est peut-être dans cette déclaration de Renzo Piano (La Désobéissance de l’architecte, 2009): «Je suis quelqu’un de lent, je laisse les choses se décanter. Mais dans la lenteur, il y a une forme de rapidité, une grande agilité de pensée […], mille connexions qui sont l’affaire de centièmes de seconde. Et c’est là une rapidité qu’aucun ordinateur ne peut égaler.» Surtout, l’ordinateur est bien incapable de considérer l’architecture, comme le dit Piano dans l’entretien qu’il nous a accordé (p.12), comme «un mélange des besoins et des désirs, des nécessités et des rêves». Et de poursuivre: «Un architecte, c’est quelqu’un qui est humaniste à 9 heures du matin, bâtisseur à 10 heures et rêveur à midi.» A l’heure où Emmanuel Macron, à la suite de la remise du rapport du député mathématicien Cédric Villani, décide d’injecter 1,5 milliard d’euros dans le développement de ­l’intelligence artificielle, pas sûr qu’un robot puisse cumuler autant de qualités avant longtemps. 

On retrouve ce mélange des besoins et des désirs –en partie hérité de l’esprit de Mai 1968 dont on fête le cinquantenaire– chez les collectifs et associations –Bellastock, Plateau urbain, Yes we camp, Exyst et quelques autres– qui œuvrent au renouvellement des processus de la fabrique de la ville, notamment sur les zones en friche (p.55). Il ne s’agit plus d’y imposer un programme mitonné dans quelque officine de l’ombre mais, là aussi, de laisser décanter les choses: observer et accompagner les usages et les pratiques qui s’installent, faciliter les initiatives émergentes, donner la possibilité à des activités non anticipées de naître et de se développer. Pour les aménageurs patentés, c’est un peu «puisque ces choses-là nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs». Mais peu importe, si les quelques années supplémentaires que nécessite cet «urbanisme transitoire» peuvent préfigurer une ville humaniste qui laisse, pourquoi pas, sa part au rêve.

 

Gilles Davoine, rédacteur en chef


 
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