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MANIERE DE VOIR 114 L'URBANISATION DU MONDE - (COLLECTIF)

 

Urbanisme


MANIERE DE VOIR 114 L'URBANISATION DU MONDE - (COLLECTIF)

 
7.50 €
Quantité  


Code EAN 13 : 2000100037461



Le Monde diplomatique
Manière de voir 114


Sur une période donnée — des siècles ou des millénaires —, les royaumes, les Etats-nations ou les entreprises naissent et meurent par milliers. A de rares exceptions près, les villes perdurent. Au mieux, elles changent de nom. Leur matérialité même leur permet de survivre : une fois là, elles demeurent. Leur destruction est ce qui motive leur reconstruction. Par contraste, la structure plus abstraite des royaumes et des Etats-nations, et même des entreprises, signifie qu’ils peuvent disparaître en laissant peu de traces. Dans l’espace de la ville, les sans-pouvoir disposent d’une autre marge de manœuvre que dans l’espace d’une plantation ou dans celui d’un système politique national formel.

Les articles publiés dans ce numéro de Manière de voir capturent cette diversité de matérialités, l’incomplétude des villes et leurs nombreuses façons d’être des espaces pour le faire, de ceux qui ont du pouvoir comme de ceux qui n’en n’ont pas. Ils voient également dans la ville un objectif braqué sur des histoires d’une autre dimension : celles de l’action, de l’exploitation, de la révolte. Ils nous montrent que les villes sont de nouveau un instrument pour comprendre des processus et des transformations plus vastes.

Dans la première moitié du XXe siècle, la ville constituait un espace heuristique, c’est-à-dire capable de produire du savoir au-delà d’elle-même, d’éclairer certains des grands bouleversements d’une époque. Elle était alors le cadre de nouveaux processus de masse — industrialisation, urbanisation, aliénation —, mais également d’une nouvelle forme culturelle que nous avons appelée « l’urbanité ». Par la suite, l’étude de la ville a progressivement perdu ce rôle privilégié : le point focal s’est déplacé vers les « problèmes sociaux ».

Désormais, alors que nous entrons dans une nouvelle modernité mondiale, la ville apparaît à nouveau comme un site stratégique permettant de comprendre les grandes tendances qui reconfigurent l’ordre social. Elle est l’espace le plus avancé de nos problèmes mondiaux les plus graves — les conflits, la pauvreté et les inégalités extrêmes, la guerre des gangs, les expulsions en masse par le biais de tout un arsenal de mécanismes — des nettoyages ethniques à Bagdad à la crise des subprime aux Etats-Unis. Alors que les Etats-nations ont traditionnellement réagi aux confrontations en les militarisant, les villes ont eu tendance à les désamorcer par le truchement du commerce et de l’action civique. Mais des phénomènes importants apparus dans l’ère globale actuelle indiquent qu’elles sont en train de perdre cette capacité et de devenir le lieu de tout un ensemble de conflits nouveaux, comme la guerre asymétrique et la violence urbaine. Qui plus est, les espaces denses et conflictuels des villes submergées par l’inégalité et l’injustice risquent de voir apparaître de multiples conflits secondaires, de type plus anomique — des guerres de la drogue aux désastres écologiques qui menacent notre avenir immédiat.

Saskia Sassen


 
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