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AMC 280 GUERVILLY - SOU FUJIMOTO

AMC 280 GUERVILLY - SOU FUJIMOTO

En Stock
AMC
SEPTEMBRE 2019
19,50 €
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Au sommaire du numéro d'AMC qui vient de paraître (n°280-septembre 2019): un événement sur la construction sur l'eau au Bangladesh, un dossier sur les lieux de culte, des détails sur les parois extérieures pivotantes et une matériauthèque consacrée au confort intérieur  Mais aussi les réalisations du mois: la transformation du couvent des Jacobins en centre des congrès à Rennes par Jean Guervilly, l'immeuble de logements l'Arbre blanc à Montpellier par Sou Fujimoto, Laisné-Roussel et OXO, la chambre des métiers de Lille par Kaan et Pranlas-Descours, une salle polyvalente en Suisse par LocalArchitecture. En référence, la piscine municipale de Château-Thierry construite en 1971 par Olivier Vaudou et Reymond Luthi.

 

Edito

Canons à neige

L'été a apporté son lot de nouvelles toujours plus alarmistes concernant le climat, comme si, soudainement, le dérèglement annoncé depuis une bonne décennie s'accélérait. Partout les records de chaleur ont été battus lors d'épisodes caniculaires particulièrement aigus, notamment en France avec 46° dans l'Hérault fin juin, mais aussi 32° en Alaska, et même 21° à 900 km du pôle Nord, dans le village canadien au nom prédestiné d'Alert, lieu habité le plus septentrional du monde. Dans son rapport qui sera rendu public le 25 septembre, le Giec indique pour sa part que les glaces des pôles, grands régulateurs thermiques de la planète, fondent six fois plus vite que dans les années 1980. Les conséquences sont incalculables. La disparition du permafrost, cette épaisseur de sol qui reste gelée toute l'année, pourrait réveiller des virus inactifs depuis 40000 ans. Elle libérerait également de grandes quantités de méthane, qui s'ajouteraient aux gaz à effet de serre et réchaufferaient encore plus l'atmosphère. Dans le numéro de juillet de la revue Science Advances, des scientifiques allemands ont été jusqu'à proposer d'installer des canons à neige dans l'Antarctique ouest pour maintenir, coûte que coûte, la quantité de glace. Car, avant la fin du siècle, le niveau des océans pourrait monter de plus d'un mètre, ce qui condamnerait une partie de New York, Tokyo ou Shanghaï. En août, le gouvernement indonésien a choisi un site à l'abri des inondations pour créer une capitale en remplacement de Djakarta, menacée à court terme par le niveau des eaux. Au Bangladesh, ces conditions extrêmes sont déjà réalité (lire p.10): les moussons, dont l'intensité et la durée ont considérablement augmenté depuis une dizaine d'années, entraînent des inondations d'une ampleur inédites. Là comme ailleurs, des défis gigantesques sont à relever, par des décisions politiques extraordinairement volontaristes. En attendant, dans un pays dépourvu d'infrastructures et de moyens d'action collectifs, ce sont les architectes qui luttent avec leurs armes -souvent avec l'aide d'ONG- en rivalisant d'ingéniosité: digues, surélévation de villages, construction d'écoles ou d'hôpitaux flottants et nomades, cultures sur l'eau, utilisation du bambou... Des actions qui peuvent paraître dérisoires au regard des catastrophes annoncées. Quand bien même elles ne retarderaient l'échéance que de quelques décennies, elles méritent d'être tentées. Tant il est vrai que le pire n'est jamais sûr. 

 

 

Gilles Davoine, rédacteur en chef