Au cours du XXe siècle, si les Français ont accepté ou plébiscité une modernisation des espaces
de l’habitation, ils ont majoritairement manifesté leur préférence pour des architectures pittoresques
ou néo-régionales dont les modes de production se sont progressivement émancipés des savoir-faire
traditionnels au nom de l’économie du projet. Comment expliquer le succès de produits
sur catalogue à bonne distance de toute forme de modernité plastique ou encore la progressive
marginalisation des architectes sur ce segment de la commande ? En décryptant des débats
et des controverses qui ont mobilisé des architectes, constructeurs, industriels, journalistes,
hommes politiques et représentants des pouvoirs publics au fil du siècle, les auteurs reviennent
sur la construction et l’essor du grand marché de la « chaumière rationnelle », un idéal d’habitat
garant de progrès et de bonheur à la portée de tous à l’œuvre dans la fabrique des périphéries
urbaines françaises depuis les années 1960. Ce phénomène, abordé sous l’angle d’une histoire
architecturale et culturelle, peut être considéré comme un moment-clef de l’histoire de la maison
individuelle en France dont les effets sont encore perceptibles aujourd’hui en dépit des initiatives
qui tentent d’en atténuer les dérives.